278 700 artisans en 2025 : où vendre ?
L'artisanat bat des records. Mais les créateurs peinent à trouver des points de vente. Les marchés et foires ont un rôle clé à jouer.

Points clés de l'article
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278 700. C'est le nombre de nouvelles entreprises artisanales créées en France en 2025, selon l'Institut Supérieur des Métiers. Un record historique, +11% par rapport à 2024.
Parmi elles, environ 120 000 entreprises dans les métiers d'art et de création : bijoutiers, céramistes, créateurs textiles, maroquiniers...
Le problème ? Ces créateurs ont besoin de vendre. Et pour beaucoup, les marchés et foires restent le canal de vente principal.
Le profil du nouvel artisan
L'artisan de 2025 ne ressemble pas à celui de 1990. Selon le baromètre ISM/MAAF :
Ce nouvel artisan est souvent :
Le problème de la distribution
Créer de beaux objets, c'est une chose. Les vendre, c'en est une autre.
Les canaux de vente disponibles :
Le marché de Noël de village, c'est bien pour vendre des bonnets tricotés. Moins pour une céramiste qui propose des pièces à 150€.
Ce que veulent vraiment les artisans
J'ai discuté avec des créateurs qui font le circuit des marchés. Ce qui ressort :
Un public qualifié. Vendre à des gens qui cherchent de l'artisanat, pas des touristes qui passent sans regarder.
Des conditions correctes. Un stand à l'abri, de l'électricité, un éclairage suffisant. Pas une table branlante sous un auvent qui prend l'eau.
Un tarif raisonnable. 150 à 300€ pour un weekend, pas 500€ pour financer la déco du village.
De la sélection. Être à côté d'un revendeur de chaussettes chinoises tue l'image.
Le modèle des marchés de créateurs urbains
Des initiatives comme Made in Montreuil, Marché des Créateurs (Lyon), ou Les Puces du Design ont compris la formule :
Résultat : files d'attente de créateurs pour exposer, public au rendez-vous, chiffres d'affaires satisfaisants pour les artisans.
Organiser un marché de créateurs viable
La sélection, nerf de la guerre
Refuser 50% des candidatures, c'est normal. Les critères :
Un jury de 3-4 personnes (artisans reconnus, galeristes, journalistes déco) pour éviter le copinage.
L'équilibre financier
Pour un marché de 50 exposants sur 2 jours :
Recettes :
Dépenses :
Marge : 7 000€ (33%)
C'est rentable dès la première édition si bien exécuté.
Le lieu fait la moitié du travail
Un marché de créateurs dans une salle polyvalente, c'est triste. Le même marché dans :
... et vous avez un événement Instagram-friendly qui se communique tout seul.
L'effet Notre-Dame
Le baromètre ISM/MAAF note un phénomène intéressant : les métiers du patrimoine bâti explosent. Charpentiers, vitraillistes, tailleurs de pierre, facteurs d'orgue... La reconstruction de Notre-Dame a créé un "effet d'appel".
Ces métiers sont moins visibles sur les marchés de créateurs classiques. Mais il y a une opportunité : les journées des métiers d'art, les portes ouvertes d'ateliers, les salons du patrimoine.
La digitalisation adaptée
Les marchés de créateurs ont leurs spécificités :
Ce qui marche :
Ce qui est superflu :
Pour les organisateurs : les erreurs à éviter
Accepter tout le monde
"On a des places libres, on va remplir." Non. Un marché avec 30 bons créateurs bat un marché avec 50 exposants dont 20 revendeurs.
Sous-estimer la communication
Un post Facebook 3 jours avant, ce n'est pas de la communication. Commencez 2 mois avant. Présentez les créateurs un par un. Racontez des histoires.
Négliger le confort exposant
L'artisan qui a passé 2 jours mal installé, les pieds dans l'humidité, ne reviendra pas. Et il le dira à ses collègues.
Oublier le suivi
Le lendemain de l'événement, envoyez un email aux exposants : merci, statistiques de fréquentation, date de la prochaine édition. Simple mais tellement rare.
L'artisanat a besoin de vitrines
120 000 entreprises de métiers d'art en France. Des milliers de créateurs qui cherchent où montrer leur travail.
Les marchés de créateurs bien organisés sont une réponse. Pas la seule, mais une réponse accessible et rentable.
L'enjeu pour les organisateurs : se positionner comme une référence qualité. Être le marché où les créateurs veulent exposer et où le public sait qu'il trouvera de vraies pépites.
Ça demande de la rigueur dans la sélection, du soin dans l'exécution, et de la constance dans la communication.
Mais le potentiel est là. Les artisans attendent.
Sources : Baromètre ISM/MAAF 2025, Chiffres clés CMA Île-de-France 2025
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