Paris Games Week 2025 : 188 000 visiteurs, et après ?
Décryptage du bilan PGW 2025 et ce que ça signifie pour l'événementiel gaming en France. Données SELL à l'appui.

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188 000 visiteurs. C'est le bilan officiel de la Paris Games Week 2025, communiqué par le SELL (Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs). Une hausse de 4,4% par rapport à 2024, mais loin de l'objectif affiché de 200 000 et très loin des 315 000 de 2019.
Que s'est-il passé ? Et surtout, qu'est-ce que ça signifie pour ceux qui veulent organiser des événements gaming ?
Le marché du jeu vidéo en France : les vrais chiffres
Avant de parler d'événements, posons le contexte. Le SELL publie chaque année un bilan du marché français. En 2025 :
Le marché reste massif, mais il se réajuste après l'explosion Covid. Le gaming n'est plus en hypercroissance, il est mature.
Ce que PGW 2025 nous apprend
Les points positifs
Record de marques. 228 marques représentées, contre 210 en 2024. Les trois constructeurs (Sony, Microsoft, Nintendo) étaient présents, ainsi que les gros éditeurs : Ubisoft, Bandai Namco, Capcom, Sega.
L'écosystème se diversifie. Au-delà du jeu vidéo pur, PGW accueille désormais des acteurs de l'eSport, du streaming, des écoles de formation. Le gaming devient un secteur économique complet.
Les points d'interrogation
La fréquentation stagne. 188 000 en 2025, 180 000 en 2024, 150 000 en 2023... On est loin de retrouver les niveaux pré-Covid. Le public parisien a-t-il d'autres options ? L'événement souffre-t-il de son gigantisme ?
L'expérience visiteur. Les retours sur les réseaux sociaux sont mitigés. Files d'attente, zones surchargées, difficultés à accéder aux démos les plus populaires. Quand vous avez payé 30€ votre pass et fait 2h de queue pour 10 minutes de jeu, la frustration monte.
Les alternatives qui marchent
Le format régional
Toulouse Game Show, Lyon eSport, DreamHack France... Ces événements attirent 20 000 à 40 000 visiteurs avec une formule différente : plus de tournois, moins de show commercial, une ambiance communautaire.
Le ticket moyen est plus bas (15-20€ vs 25-30€ pour PGW), mais l'expérience est jugée meilleure. Moins d'attente, plus de jeu effectif.
La LAN party
Le format originel du gaming communautaire. 100 à 500 joueurs qui ramènent leur PC, des tournois non-stop, une ambiance de nuit blanche entre passionnés.
Budget organisateur : 10 000 à 30 000€. Rentabilité : très bonne si bien exécuté. Le modèle économique repose sur les inscriptions joueurs (30-50€) et les partenariats matériel.
Ce que les organisateurs doivent comprendre
1. Le joueur de 2025 n'est pas celui de 2015
39 ans en moyenne. Il travaille. Il a des enfants. Il ne va pas passer 8 heures dans un hall bondé.
Ce qu'il veut :
2. Le contenu est roi
Les marques viennent si vous avez du public. Le public vient si vous avez du contenu. C'est un cercle vertueux qu'il faut amorcer.
Qu'est-ce qui fait venir les gens ?
PGW 2025 avait les gros éditeurs mais peu d'exclusivités marquantes. Sans annonce choc, le buzz retombe.
3. Le streaming n'est pas un substitut
Certains ont cru que le streaming remplacerait les événements physiques. C'est faux.
Le viewer Twitch et le visiteur de salon ne sont pas les mêmes personnes (ou pas dans le même état d'esprit). Vous pouvez regarder un tournoi sur Twitch en cuisinant. Se déplacer à un événement, c'est un engagement différent.
Mais le streaming peut amplifier votre événement. Un bon stream avec des commentateurs pros génère du contenu qui vit au-delà du weekend.
Le budget réaliste d'un événement gaming régional
Pour un événement de 3 000 à 5 000 visiteurs :
Recettes :
Dépenses :
Marge : 31 000€ (20%)
C'est serré mais viable. La clé : des sponsors qui couvrent une partie significative et une billetterie qui se vend tôt.
Les erreurs fatales
Négliger le réseau
Un événement gaming sans WiFi stable, c'est un échec assuré. Les joueurs veulent streamer, partager, télécharger. Les organisateurs de tournois ont besoin de connexions fiables.
Prévoyez une fibre dédiée. C'est cher (3 000 à 10 000€ selon la durée et le débit) mais non négociable.
Sous-dimensionner l'électricité
100 PC gaming = 50kW minimum. Ajoutez l'éclairage, la sono, les écrans géants... Vous pouvez facilement atteindre 100kW.
Si le disjoncteur saute en plein tournoi, vous avez un problème de réputation qui durera des années.
Ignorer les parents
40% du public gaming a des enfants. Si vous ne prévoyez pas de zones pour les plus jeunes, vous perdez toute une catégorie de visiteurs.
Une zone Nintendo/jeux familiaux, un espace détente avec des sièges confortables, une restauration adaptée... Ces détails font la différence.
Perspectives 2026
Le SELL prévoit un marché stable. Pas de croissance explosive, mais pas de crash non plus. Le gaming est installé dans le paysage culturel français.
Pour les événements, ça signifie :
Les gagnants seront ceux qui proposeront une expérience mémorable, pas juste un alignement de stands.
Ma conclusion
PGW reste l'événement national de référence. Mais son format "salon commercial géant" montre ses limites.
L'avenir du gaming événementiel est probablement hybride : des événements nationaux pour les annonces et les rencontres B2B, des événements régionaux pour l'expérience communautaire, des LAN parties pour les hardcore gamers.
Si vous voulez vous lancer, commencez petit. Une LAN de 100 personnes bien organisée vaut mieux qu'un salon de 2 000 visiteurs chaotique.
Le gaming est un secteur exigeant. Les joueurs savent reconnaître qui les respecte et qui les prend pour des portefeuilles.
Sources : Bilan SELL 2025, Communiqué Paris Games Week 2025
